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La vente du Milan AC dans le collimateur

L’AC Milan, visé par une enquête de la brigade financière italienne qui s’intéresse aux conditions de vente du club en 2022, est l’énième club de foot de la péninsule à attirer l’attention des autorités pour des opérations douteuses.

Les descentes de police dans les locaux des clubs italiens sont devenues monnaie courante ces dernières saisons. Un retentissant scandale a englouti la Juventus Turin sur fond de juteux et controversés bénéfices liés aux transferts de joueurs dans le football professionnel.

La perquisition effectuée mardi au siège de Milan, à proximité de son stade emblématique de San Siro, vise l’actuel directeur général Giorgio Furlani et son prédécesseur Ivan Gazidis.

Le Milan, en tant qu’entité, n’est pas dans le collimateur des procureurs de la capitale économique italienne. Ces derniers examinent la vente du club septuple champion d’Europe par le fonds d’investissement américain Elliott Management à un autre fonds américain, RedBird, pour 1,2 milliard d’euros en 2022.

Les magistrats ont envoyé la police financière chercher des documents non seulement au siège du club, mais aussi aux domiciles de Gazidis et de Furlani.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir contribué à cacher à l’organe de contrôle de la Fédération italienne de football, la COVISOC, qu’Elliott conservait le contrôle du Milan malgré sa vente à RedBird.

Elliott avait acquis Milan en 2018 alors que l’homme d’affaires chinois Li Yonghong n’était pas en mesure de rembourser un prêt qu’il avait contracté lorsqu’il avait lui-même racheté le club à la société financière Fininvest de Silvio Berlusconi en 2017.

« Ces allégations sont fausses », a réagi Elliott mardi. « L’AC Milan a été vendu à RedBird le 31 août 2022. À partir de cette date, les fonds Elliott n’ont plus aucune participation ni aucun contrôle sur l’AC Milan ».

A l’époque de la vente, une source avait indiqué à l’AFP que RedBird avait acquis 99,9% des actions du club, Elliott ne possédant plus de capital ni à Milan, ni dans les fonds de RedBird.

Dans un communiqué transmis mercredi à l’AFP, RedBird précise que la part du capital qu’il ne contrôle pas, soit 0,07%, appartient « à des actionnaires individuels italiens supporters du club de longue date ».

« L’idée que RedBird n’ait pas le contrôle de l’AC Milan est absolument fausse », assure le fonds.

Pour financer la vente à RedBird, Elliott a accordé un « crédit vendeur » à son homologue américain, une pratique courante dans les transactions de capitaux qui permet au vendeur d’accorder à l’acquéreur un crédit sur une partie du prix d’achat, pour un montant de 550 millions d’euros à un taux d’intérêt de 7%.

Ce prêt, qui doit être remboursé en août 2025, prévoit qu’Elliott ait deux représentants au conseil d’administration de Milan.

Actuellement, Elliott n’en a qu’un, son associé gérant Gordon Singer – fils du fondateur et président du fonds, Paul Singer -, mais deux de ses anciens employés siègent au conseil d’administration.

Dans son communiqué, RedBird fait valoir qu’Elliott n’a obtenu « aucun droit de vote » en contrepartie du crédit vendeur consenti.

Furlani a rejoint le conseil d’administration de Milan en 2018, alors qu’il était encore gestionnaire de portefeuille chez Elliott, tandis que le directeur financier du club, Stefano Cocirio, est arrivé de ce même fonds en février 2023.

Aucun des deux procureurs de Milan chargés de l’enquête n’a pu être joint par l’AFP pour un commentaire.

KD avec AFP

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