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L’Angleterre renoue avec les joutes équestres

Lance à la main, deux chevaliers aux armures étincelantes se ruent l’un contre l’autre au grand galop. Au château de Carisbrooke, sur l’île de Wight (sud de l’Angleterre) la joute à cheval, apparue au Moyen-Age comme le premier sport national en Angleterre, est bel et bien vivante.

Au son des tambours et des sabots succède celui des lances qui s’entrechoquent. L’une d’elle éclate en morceaux, du public monte une clameur.

« On vise la tête de l’autre », explique Clive Hart, qui quand il ne lutte pas à cheval travaille dans l’informatique dans le secteur de l’assurance.

« On n’a pas ça dans la plupart des autres sports, il y a certainement une notion de risque supplémentaire que les gens aiment », explique-t-il.

La discipline est l’un des sports équestres les plus anciens dans le monde et remonte au Xe siècle en Angleterre.

Il s’agit à l’origine d’un entraînement militaire pour les chevaliers pour se préparer à la bataille, et requiert adresse, aisance à cheval et des nerfs solides, même si les lances pointues et potentiellement létales appartiennent au passé.

Les tournois se tiennent de nos jours principalement sur les sites de châteaux et demeures anciennes. Les chevaliers des temps modernes essaient de marquer des points plutôt que de désarçonner leur adversaire.

La renaissance de la discipline, en voie d’extinction au début du XVIIe siècle, a même vu émerger des appels à en faire un sport olympique.

Et pour cause, ces chevaliers possèdent « les mêmes qualités que des athlètes olympiques », fait valoir English Heritage, qui gère de nombreux sites et monuments historiques.

« Il est peut-être temps que cette démonstration extraordinaire de vitesse, puissance et de bravoure fasse son entrée sur la plus grande scène sportive du monde », estime l’organisme.

Les tournois se tiennent principalement pendant la saison estivale et attirent des foules ravies d’applaudir les chevaliers contemporains et leurs performances.

« C’est passionnant, très rapide », explique parmi les spectateurs Paul Abdey, avocat. « On voit qu’ils le font pour de vrai, ce n’est pas préparé ».

Dominic Sewell, qui a toujours été fasciné par les chevaliers et les combats à cheval, est l’un des pratiquants les plus connus dans le pays.

Avec plus de vingt ans d’expérience, et des participations aux championnats du monde de lutte à cheval, il entraîne d’autres à la discipline dans son centre équestre.

« C’est physiquement exigeant de porter trente kilos d’armure sur le dos d’un cheval à 30/40 km/h et d’encaisser un impact de quelqu’un d’autre qui se déplace à la même vitesse avec le même équipement », explique-t-il. « Ça peut être épuisant, comme tout sport », « on ne fait pas semblant ».

Comme un écho aux origines élitistes de la lutte, la lutte a un coût: environ 20.000 euros pour s’équiper.

La modernisation de la discipline l’a vue s’ouvrir aux femmes, comme Lisa Dijon.

La lutte, discipline mixte, dépend, dit-elle, de la relation entre le cavalier et sa monture: « c’est un sentiment vraiment très très spécial de recréer l’histoire ».

KD avec AFP

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