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Macron : « l’essentiel est de participer ! »

Présentés par Emmanuel Macron comme le point d’orgue d’une « année de fierté française », les Jeux olympiques de Paris ne devraient, en cas de succès comme d’échec, n’avoir qu’un effet limité sur la popularité du chef de l’Etat, selon plusieurs experts.

L’enjeu est mis en scène. Pour ses voeux du 31 décembre, dans les jardins de l’Elysée, drapeaux olympiques en arrière-plan, le président a souhaité que 2024 soit « une année de fierté française, sportive, puisque les Jeux seront chez nous ».

Une semaine plus tard, il se filmait en tenue de sport sur les réseaux sociaux, gants de boxe noués sur l’épaule et devant un sac de frappe pour inviter les Français « à faire au moins 30 minutes de sport chaque jour » et lancer le compte à rebours des JO: « C’est dans 200 jours, ça commence maintenant ».

Et mardi, il inventait une cérémonie inédite de « voeux olympiques et paralympiques » pour exhorter les athlètes français à « faire le maximum » et se projeter vers « l’héritage » d’une compétition qui « va aider à transformer nos vies ».

Dramatiser, mouiller le maillot, pour mieux montrer son implication directe: pour le chef de l’Etat, « ce type d’événement est l’occasion de mettre en oeuvre une large opération de communication », observe le politologue Pascal Perrineau.

La possibilité, aussi, de « sortir de l’arène politique et redorer son blason » en donnant « une image de rassembleur qui dépasse les frontières », alors qu’il est aujourd’hui « perçu comme un président qui oppose et attise les clivages », explique l’ancien directeur du Cevipof.

Mais les chances de médaille sont incertaines pour M. Macron. D’autant plus que les performances des athlètes nationaux, auxquels le président a fixé l’objectif d’atteindre le « top 5 » des nations en termes de médailles, ne suffiront pas pour briller à domicile.

« Les Français vont regarder si ces JO sont bien organisés » et « si, au final, la France aura réussi sa mission », prévient le sondeur Jean-Daniel Levy.

Or, à six mois de l’échéance, des doutes subsistent encore sur des aspects cruciaux comme la sécurité et les transports. Au risque de cristalliser les « opinions négatives », comme par le passé à Tokyo (2021), Londres (2012) ou Barcelone (1992), même si « à chaque fois ces points de tension s’estompent au dernier moment », rappelle le directeur délégué d’Harris Interactive.

A partir du 26 juillet, quel que soit le scénario, Emmanuel Macron n’aura de toute façon pas le monopole du succès, ou de l’échec. D’autres personnalités politiques jouent gros, à commencer par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Sans oublier Jean Castex à la RATP, Laurent Nunez à la préfecture de police, Valérie Pécresse à la région Ile-de-France et Tony Estanguet au comité d’organisation des JO.

« Les autorités sont plurielles, donc imputer les responsabilités ne sera pas facile, que ça se passe bien ou mal », analyse M. Perrineau.

Tout de même, en cas de fiasco, « les effets peuvent être plus directs pour l’exécutif » et cela « n’améliorera pas la popularité déjà assez faible » du locataire de l’Elysée, ajoute-t-il.

A l’inverse, un triomphe ne garantit pas la postérité. « Ça peut marcher sur le moment, peut-être quelques semaines, mais s’il y a un mouvement d’opinion ce serait surprenant qu’il perdure », prédit M. Levy.

KD avec AFP

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