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Mise sous tutelle du foot espagnol !

éterminé à mettre fin à l’énième crise secouant la Fédération de football (RFEF), au centre d’une enquête pour corruption quelques mois après le scandale du baiser forcé, le gouvernement espagnol a annoncé jeudi sa mise sous tutelle « dans l’intérêt » du pays, futur co-organisateur du Mondial-2030 avec le Maroc et le Portugal.

« Le gouvernement espagnol a adopté cette décision pour redresser la grave situation dans laquelle se trouve la RFEF afin que l’entité puisse entamer une étape de renouvellement dans un climat de stabilité », a déclaré jeudi le Conseil supérieur du sport (CSD), un organisme dépendant du ministère des Sports.

Concrètement, « une commission de supervision, de normalisation et de représentation » créée par le CSD et dirigée par des « personnalités indépendantes » exercera « la tutelle de la RFEF durant les prochains mois », dans « l’intérêt de l’Espagne », future organisatrice du Mondial-2030 conjointement avec le Portugal et le Maroc, précise le communiqué.

Selon la presse espagnole, l’ex-sélectionneur Vicente del Bosque, champion du monde en 2010, devrait en faire partie.

Les contours et les prérogatives exactes de cette « commission mixte » restent néanmoins à définir, car les fédérations sportives doivent être indépendantes de leurs gouvernements.

Dans une déclaration commune, la FIFA et l’UEFA ont indiqué qu’elles suivaient « de près et avec une grande inquiétude la situation entourant la RFEF », pour s’assurer que cette commission n’affecte pas « son indépendance ».

La RFEF, comme la FFF en France, répond aux deux instances, qui sont les seules à pouvoir intervenir dans ses affaires internes, comme ce fut le cas lorsque la FIFA a décidé de suspendre Luis Rubiales après que l’ancien président de la Fédération espagnole a embrassé de force la championne du monde Jenni Hermoso en août dernier.

Déjà secouée par ce scandale, qui a mené à la démission de Rubiales et aux licenciements de plusieurs dirigeants, la RFEF est désormais au centre d’une enquête pour corruption dans laquelle l’ancien homme fort du foot espagnol et son successeur par intérim à la tête de la Fédération, Pedro Rocha, sont mis en examen.

Le Tribunal administratif du sport (TAD) a en plus de cela estimé, dans un rapport récent, que l’ex-vice-président de Rubiales et sa direction par intérim avaient commis des fautes « très graves » en prenant des décisions allant au-delà de leurs compétences.

C’est ce rapport qui a abouti à la décision prise jeudi, à quelques jours d’élections à la présidence prévues le 6 mai, pour lesquels Pedro Rocha est le seul candidat.

Alors que la presse espagnole évoquait une possible sanction à son encontre, ce dernier devrait ainsi pouvoir être élu officiellement mais ne pas être totalement libre de ses choix, qui seront désormais supervisés.

Cet épisode fait suite aux perquisitions fracassantes menées le mois dernier au siège de la Fédération, au stade olympique de Séville et aux domiciles de Luis Rubiales à Grenade et en République dominicaine, dans le cadre d’une enquête pour corruption.

Cette affaire porte sur des irrégularités dans les contrats signés par la RFEF au cours des cinq dernières années, pendant la présidence de Luis Rubiales, dont le juteux contrat conclu pour délocaliser la Supercoupe d’Espagne en Arabie saoudite.

Le royaume saoudien accueille depuis 2020 les demi-finales et la finale de cette compétition moyennant quelque 40 millions d’euros par an dans le cadre d’un accord dans lequel la société Kosmos de l’ex-défenseur du FC Barcelone Gerard Piqué a servi d’intermédiaire.

Des enregistrements de conversations entre Luis Rubiales et Gerard Piqué ont été diffusés en 2022 par la presse. On y entend les deux hommes parler de commissions de plusieurs millions d’euros.

Déjà menacé de deux ans et demi de prison pour agression sexuelle, l’ex-patron du foot espagnol est accusé dans ce dossier de blanchiment d’argent, corruption commerciale, administration déloyale et appartenance à une organisation criminelle.

Il devra s’expliquer lundi devant la justice.

KD avec AFP

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