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MMA : maigrir à tout prix !

 Pour certains, c’est un « combat avant le combat ». Le « weight-cutting », pratique intense et controversée qui permet de perdre du poids rapidement avant la pesée, est utilisée par quasiment tous les combattants de MMA.

Octobre 2022: des images impressionnantes –pour ne pas dire effrayantes– du Brésilien Charles Oliveira font le tour des réseaux sociaux à la veille de sa confrontation avec Islam Makhachev pour la ceinture des poids légers. On y voit le combattant de 33 ans allongé sur une serviette, l’air squelettique et à peine conscient, entouré de toute son équipe pour l’aider à perdre ses derniers kilos.

Il faut dire que quelques mois plus tôt, le Brésilien avait été dépossédé de sa ceinture avant même d’entrer dans l’octogone pour avoir dépassé de 200 grammes la limite autorisée de sa catégorie (moins de 70,3 kg).

Comme lui, tous les combattants de MMA s’imposent des efforts considérables pour perdre cinq, sept, dix kilos ou même plus avant la pesée, où certains apparaissent parfois la veille de leur combat extrêmement pâles, avec les joues creusées ou les yeux enfoncés.

Si ce processus de perte de poids s’étend généralement sur plusieurs semaines, la partie la plus intense se déroule en effet dans les heures précédant le combat.

« C’est violent », résume à l’AFP Laëtitia Blot qui fait partie de l’organisation française « Hexagone ». « On passe par un protocole de bain: 15 minutes dans un bain chaud, on sort, puis 15 minutes dans une couverture chauffante, et on fait comme ça jusqu’à ce qu’on transpire nos 4 kilos d’eau. »

« C’est le moment le plus dur », confirme William Gomis, présent sur la carte de l’UFC Paris samedi. « Le combat est la partie qu’on aime, mais le moment où on entre dans le bain chaud, on se dit: +Mais en fait je déteste ce sport, je ne veux plus faire ça!+ On a envie d’abandonner, on n’est plus très lucide. »

Une fois la pesée validée, les sportifs passent alors par une phase de réhydratation pour regagner en quelques heures tous les kilos perdus.

Mais pourquoi alors s’infliger cela? « Une fois qu’ils ont été au poids le vendredi matin, les combattants regagnent de nombreux kilos le lendemain », explique à l’AFP Guillaume Duseaux, co-auteur du « Grand livre du MMA » (éd. Marabout). « Ca leur donne un avantage de poids énorme par rapport à quelqu’un qui ne ferait pas de cutting. »

« Pour ceux qui sont capables de faire ce rebond-là, le jour du combat, il peut y avoir 5 ou 6 kilos d’écart. Que ce soit dans la puissance des frappes ou en lutte, si tu as 5, 6 ou 7 kilos de plus que ton adversaire, ce n’est pas la même chose. »

Mais ce yo-yo sur la balance n’est pas du goût de tous. A 31 ans, l’Américaine Rose Namajunas, deux fois championne UFC des poids paille, est récemment montée d’une catégorie après avoir vu son corps changer avec le temps.

« A chaque combat, le cutting devenait de plus en plus important. Et lors de mon dernier combat, j’ai commencé à voir mes yeux s’enfoncer, ce qui est le lot de la plupart des combattants, et je n’ai pas aimé ça », a-t-elle expliqué à quelques jours d’affronter la Française Manon Fiorot lors de l’UFC Paris.

« Je n’ai jamais vraiment aimé perdre du poids de toute façon, je n’ai jamais vraiment aimé quand les gens faisaient ces cuttings énormes, et j’ai commencé à me voir emprunter cette voie-là. »

« C’est dur », poursuit Guillaume Duseaux, également membre du podcast spécialisé dans le MMA « La Sueur ». « Les mecs ont l’air d’être à l’article de la mort. C’est hyper compliqué, et d’ailleurs, certains combattants disent que c’est un combat avant le combat. »

KD avec AFP

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