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Ryad accueillera les Masters féminin

Cette fois, c’est fait: l’Arabie saoudite accueillera les trois prochaines éditions des Masters féminins de tennis, malgré les critiques sur sa politique en matière de droits des femmes, un nouveau grand événement pour la monarchie du Golfe déterminée à accroître son influence dans le sport.

« Ryad, capitale de l’Arabie saoudite, accueillera les Masters WTA de 2024 à 2026 », a annoncé jeudi dans un communiqué l’instance qui gère le circuit professionnel féminin.

La WTA avait d’abord renoncé, sous la pression des critiques, à organiser son grand tournoi de fin de saison en Arabie saoudite et s’était tournée vers Dallas en 2022 et Cancun, au Mexique, en 2023. Mais les failles de l’organisation mexicaine a peut-être décidé l’instance à accepter les pétrodollars saoudiens.

Ce choix « s’appuie sur une présence de plus de vingt ans de la WTA au Moyen Orient », explique l’organisation.

Oubliées, donc, les critiques notamment des légendes Chris Evert et Martina Navratilova qui avaient notamment estimé l’an dernier que « le statut inégal des femmes restait profondément ancré dans la loi saoudienne ».

La présidente de la Fédération saoudienne de tennis Arij Mutabagani, première femme élue à la tête d’une fédération sportive dans le pays, s’est voulue rassurante sur ce point.

« Accueillir les Masters WTA est d’une immense importance pour l’avenir du tennis en Arabie saoudite et le développement du sport en général (…) Notre pays avance. Beaucoup a déjà été fait et de nombreuses avancées historiques y ont été faites par les femmes dans tous les secteurs ces dernières années, le sport étant un moteur de progrès dans l’ensemble de notre société », assure Mme Mutabagani dans le communiqué de la WTA.

L’accord aura aussi un gros impact financier: l’édition 2024 des Masters offrira une bourse globale record de 15,25 millions de dollars « avec des augmentations supplémentaires en 2025 et 2026 », selon le communiqué.

« Le partenariat prévoit également d’autres investissements à venir dans le développement et la croissance du tennis féminin », précise la WTA.

En ce qui concerne l’Arabie saoudite, ce nouvel événement majeur du sport international s’ajoute à toute une série d’investissements -qui se comptent en milliards de dollars- dans le sport mondial (golf, football, boxe, rallye, F1…).

Dans le tennis, l’Arabie saoudite est devenue en février dernier, via son fonds souverain (PIF), « le partenaire officiel du classement ATP », et s’est associée « aux tournois ATP d’Indian Wells, Miami, Madrid, Pékin et aux Masters ATP de fin d’année, en plus des Masters Next Gen, organisés à Jeddah jusqu’en 2027 ».

Une exhibition avec le gratin du tennis mondial est déjà programmée en octobre: Novak Djokovic et Carlos Alcaraz seront rejoints par Jannik Sinner, Daniil Medvedev, Holger Rune. Même Rafael Nadal, dont la carrière arrive à son terme, est annoncé.

Il faut dire que le champion espagnol aux 22 titres du Grand Chelem, qui fêtera ses 38 ans le 3 juin, a été nommé en début d’année ambassadeur de la Fédération saoudienne de tennis.

Chez les femmes, la Tunisienne Ons Jabeur et la Bélarusse Aryna Sabalenka, alors respectivement 6e et 2e mondiales, ont participé en 2023 à une exhibition à Ryad.

Jabeur soutient l’organisation des Masters WTA à Ryad: en février, elle avait assuré à l’AFP que ceux qui s’opposaient à cette possibilité devraient « mieux s’informer » de l’engagement des autorités saoudiennes en faveur du sport.

Le ministre saoudien des Sports, Abdulaziz ben Turki al-Faisal, a d’ailleurs assuré jeudi à l’AFP que les Masters WTA avaient « le pouvoir d’inspirer nos jeunes filles et nos femmes bien au-delà du sport ».

« Il n’y a aucune raison d’être surpris car la transformation dont nous parlons souvent est tirée par notre volonté d’encourager le développement du sport tant chez les hommes que chez les femmes, avec les mêmes accès et les mêmes chances », a-t-il dit.

Responsable saoudien d’une organisation de défense des droits humains basée à Berlin (Esohr), Taha al-Hajji avait néanmoins confié à l’AFP au même moment que ces investissements pharaoniques dans le sport relevaient d’une tentative du royaume d’utiliser le « soft power » pour « laver son image et masquer, via des vedettes et le sport, ses violations » des droits humains.

KD avec AFP

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