
L’organisation à Doha du Trophée des champions, qui a en lieu dimanche entre le Paris SG (vainqueur 1 à 0) et Monaco, traduit l’influence du Qatar sur le football français, dépendant de cette manne financière en temps de crise, estiment des analystes.
Le Qatar a su patienter. Initialement, le Trophée des champions devait se dérouler à Pékin le 8 août dernier, dans le cadre de l’année franco-chinoise de tourisme culturel. Mais des problèmes financiers et de logistique côté chinois ont obligé la Ligue de football professionnel (LFP) à trouver une autre destination et reporter l’événement.
La Côte d’Ivoire, entre autres pays africains, s’est mise sur les rangs avec une proposition financière plus que correcte, selon une source proche du dossier. Mais le Qatar a surenchéri et proposé des conditions encore meilleures. « Il fallait un certain montant, un argent fiable et des infrastructures adéquates pour jouer au niveau le plus haut », explique cette source.

« Plusieurs offres ont été communiquées, et la solution Doha offrait le plus de facilités à la date décidée, que ce soit pour la LFP ou pour les deux équipes participantes », fait savoir la Ligue auprès de l’AFP.
Selon Luc Arrondel, chercheur en économie du sport au CNRS, « la Côte d’Ivoire aurait été plus logique que Doha » pour « capter un nouveau public et un nouveau marché, une stratégie de visibilité du football français à l’étranger », traditionnelle pour ce type de compétition.
Mais « Doha a proposé davantage » et la LFP a cédé à « une vision court-termiste, c’est le problème des besoins de liquidités », ajoute l’économiste à l’AFP. En effet, la Ligue et le foot français en général sont en crise financière, après l’échec spectaculaire des négociations des droits de diffusion TV de la Ligue 1 l’été dernier, qui ont accouché d’une somme deux fois inférieure au milliard espéré.
« Le choix de Doha, c’est le résultat d’une décennie de mise sous influence et des conflits d’intérêts qui font le football français », souligne de son côté Jean-Baptiste Guégan, enseignant à Sciences Po Paris et auteur de plusieurs ouvrages sur la géopolitique du sport.
« Cela souligne les difficultés financières du foot français et le rend encore moins indépendant », ajoute-t-il. Jean-Baptiste Guégan pointe un renversement sur ce Trophée 2025 par rapport aux éditions précédentes à l’étranger (en Chine, en Israël, au Canada…): « Ce n’est plus le football français qui fait sa promotion à l’étranger mais un Etat qui fait sa promotion en France » avec, en plus du lieu, plusieurs sponsors qataris pour l’événement.
Pour le Qatar, organiser une telle compétition rentre dans une stratégie de long terme de « diversifier son économie via le tourisme et le sport », comme l’Arabie saoudite où se tiennent en janvier les Supercoupes d’Espagne et d’Italie, rappelle Luc Arrondel.
« La politique du Qatar n’est pas de contrôler le football français mais, comme d’autres nations du Moyen-Orient, de diversifier son économie pour la rendre moins dépendante au gaz ou au pétrole, qui vont s’épuiser », commente une source proche de l’émirat. Elle pointe le « calendrier très fourni » des événements sportifs qui se dérouleront en 2025 au Qatar, au-delà du seul football.
Mais comme le PSG participe au Trophée des champions, la question du conflit d’intérêts est inévitable, selon les deux spécialistes précités. Le président du club détenu par Qatar Sports Investments (QSI), Nasser Al-Khelaïfi, est au conseil d’administration de la LFP et président du groupe qatari beIN Sports, diffuseur de la Ligue 1 et de la Ligue 2.
KD avec AFP
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