A la tête de leur équipe, ils sont aussi sur les routes, dans les avions, chaque week-end en compétition, éloignés de leur famille, et doivent parfois encaisser la responsabilité des défaites: les entraîneurs sont aussi soumis à rude épreuve et leur santé mentale reste un tabou.
« C’est quelque chose sur laquelle il y a très peu de recherches, très peu d’études et très peu de données », explique à l’AFP Greg Décamps, enseignant en psychologie du sport à l’université de Bordeaux.
« Les troubles qu’ils peuvent rencontrer peuvent être assimilés à ceux que peuvent rencontrer les enseignants ou les soignants, avec des problématiques de +burn out+ », explique-t-il.
« Les entraîneurs, cela commence à venir. L’accompagnement individuel, cela se fait de plus en plus, mais à un degré bien moindre que les joueurs », explique de son côté Mickaël Campo, chercheur à l’université de Dijon et responsable de la préparation mentale du XV de France.
Une psychologue de l’Insep, temple du sport de haut-niveau, avait indiqué il y a quelques mois à l’AFP que des entraîneurs commençaient à franchir la porte de son bureau, une nouveauté pour elle.
« Les entraîneurs sont mis à mal dans le sport moderne. Le fusible le plus simple à faire disjoncter, c’est l’entraineur et il y a de la souffrance qui n’est pas prise en charge », déplore Olivier Krumbholz, entraîneur de l’équipe de France féminine de hand. « Quand les médaillés olympiques ont été récompensés, les entraîneurs n’ont pas eu la Légion d’honneur », regrette-t-il auprès de l’AFP. « C’est un désaveu. Comment l’ensemble du sport français peut-il accepter cela ? », tempête-t-il.
Les primes plus importantes qu’avant pour les entraîneurs qui remportent des médailles ne sont pas pour lui de nature à « calmer le questionnement » et, dans le fond, il pointe un manque de reconnaissance bien palpable.
S’ils ont parfois un métier envié, dans certains sports en tout cas, ils ne sont pas toujours à la fête.
« On est tout le temps en train de leur dire: +ne le prend pas mal, tu fais bien ton boulot, mais maintenant il va falloir le faire différemment, il faut faire attention à ceci et à cela+ », illustre Greg Décamps. Ils ont « assez peu accès à des formations », ajoute-t-il. Si bien qu’il préconise de « soutenir » ces chefs d’équipe, ou faiseurs de champions, dont les états d’âme passent largement en dessous des radars.
KD avec AFP
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